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Néoglucogenèse : une légende à la vie dure

La légende autour de la néoglucogenèse

la néoglucogenèse est la transformation en glucides soit des protéines ou du gras

J’ai dépassé mon quota de protéines aujourd’hui, c’est une catastrophe je vais faire de la néoglucogenèse…  Nombre de fois où j’ai lu ça… Alors tu te calmes tout de suite, voici l’explication.

La grande peur du sucre caché

En céto, il y a une vieille histoire qui traîne partout. Tu manges un peu plus de protéines que d’habitude et soudain, catastrophe, tout se transformerait en sucre. Le steak deviendrait une tartine. Le saumon se mettrait à fabriquer du glucose dans l’ombre. Ton omelette prendrait un faux nez et entrerait déguisée dans ta glycémie.

Bon. Respire.

La réalité est beaucoup moins folle. Et beaucoup plus intéressante.

Ce que fait vraiment la néoglucogenèse

La néoglucogenèse, c’est un système de secours. Le corps fabrique du glucose quand il en a besoin. Pas pour te contrarier ni ruiner tes efforts. Pas parce qu’il s’ennuie.

Il le fait parce que certains tissus ont encore besoin d’un peu de glucose. C’est normal et utile. C’est même vital.

Autrement dit, ton corps ne se met pas à fabriquer du sucre par vengeance parce que tu as mangé deux œufs au lieu d’un. Il répond à un besoin réel qui ajuste. Il gère et fait son travail d’équilibrage.

Oui, les protéines peuvent servir. Non, elles ne se changent pas toutes en sucre

Voilà le point qui embrouille tout le monde.

Oui, certains acides aminés peuvent servir à fabriquer du glucose. Mais peuvent servir ne veut pas dire vont forcément se transformer. Ce n’est pas automatique, ni instantané. Ce n’est pas une punition divine tombée sur le blanc de poulet.

Avoir des briques dans un jardin ne veut pas dire qu’une maison va pousser dans la nuit.

Les protéines fournissent des matériaux. Ensuite, le corps décide ce qu’il en fait selon la situation. Il peut les utiliser pour réparer, construire, entretenir ou produire un peu de glucose si c’est nécessaire. Mais il ne transforme pas tout en sucre dès que tu dépasses une limite imaginaire tracée au feutre sur internet.

Néoglucogenèse : le grand malentendu des protéines en céto

Le problème, ce ne sont pas les protéines. Le problème, c’est le cinéma qu’on fait autour d’elles.

En céto, certaines personnes finissent par les regarder comme des ennemies infiltrées. Elles mangent un morceau de viande avec la même inquiétude que si elles tenaient un éclair au chocolat. C’est un peu excessif.

Les protéines ont un rôle essentiel. Elles servent à entretenir les muscles, les tissus, les enzymes, les hormones, la peau, les cheveux, bref tout ce qui t’empêche de te transformer en vieux rideau froissé.

Le gras, lui, sert surtout de carburant. Et c’est là qu’il faut comprendre la logique céto.

En céto, les protéines ne doivent pas voyager seules

Une alimentation cétogène ne consiste pas à vivre sur du jambon dégraissé, du thon nature et du courage. Sinon, très vite, l’ambiance devient triste. Pour toi. Ton métabolisme et pour ton assiette.

En céto, les protéines ont intérêt à être accompagnées de gras. Pourquoi ? Parce que le gras apporte l’énergie principale de ce mode alimentaire. Il nourrit le feu, donne de la tenue au repas. De plus, il rassasie mieux et rend l’ensemble plus cohérent.

Les protéines construisent, le gras alimente

Si tu demandes aux protéines de tout faire, bâtir la maison, réparer le toit, nourrir le feu et payer les factures, elles vont finir par consulter leur montre elles aussi.

Le jeûne du lapin, ou pourquoi le maigre sec est une idée destructrice.

Et c’est là qu’arrive le fameux jeûne du lapin

néoglucogenèse et jeûne du lapin
Une chair très maigre

Le nom a presque l’air mignon. Le principe l’est beaucoup moins. Si tu manges très maigre, avec beaucoup de protéines et presque pas de gras ni de glucides, le corps humain supporte mal la plaisanterie. Ce type d’alimentation devient vite intenable.

Le message est simple. Le problème n’est pas que ton steak se transforme magiquement en sucre. Le problème, c’est qu’un humain ne tourne pas bien longtemps sur du maigre sec et de la bonne volonté.

Voilà pourquoi en céto, on ne fait pas du lapin triste une philosophie de vie. On ajoute du gras. Non pour bloquer un sucre imaginaire mais pour donner au corps le carburant qu’il attend dans ce contexte.

Alors, il faut avoir peur des protéines ?

Non.

Il faut juste arrêter de les prendre pour ce qu’elles ne sont pas. Elles ne sont pas des glucides déguisés. Par ailleurs, elles ne sont pas non plus un carburant idéal à elles seules dans une alimentation cétogène.

Elles ont leur place. Une vraie place. Une place importante. Mais dans un ensemble cohérent.

Le bon duo, c’est protéines pour la structure et gras pour l’énergie.

Pas protéines seules, ambiance salle d’attente et escalope déprimée.

La vérité, la voilà

La néoglucogenèse n’est pas une trahison. C’est un mécanisme normal. Intelligent. Réglé selon les besoins du corps.

Oui, les protéines peuvent participer à ce processus. Mais non, elles ne se transforment pas automatiquement en sucre dès que tu en manges un peu trop.

Et en céto, un repas correspondant aux besoins réels du corps n’est pas un repas où les protéines sont seules, abandonnées comme des stagiaires un lundi matin. C’est un repas où elles avancent avec le gras. Enfin là, tout le monde respire. Et bine entendu, toi aussi.

Études scientifiques

Melkonian E.A. et Faulkner M., Physiology, Gluconeogenesis, StatPearls, 2023, NCBI Bookshelf. Cette revue explique que la néoglucogenèse sert à produire le glucose dont le corps a besoin à partir de substrats non glucidiques.

Fromentin C. et al., Dietary proteins contribute little to glucose production, even under optimal gluconeogenic conditions in healthy humans, Diabetes, 2013, doi: 10.2337/db12-1208. Cette étude montre que chez l’humain sain, les protéines alimentaires contribuent peu à la production de glucose, même dans des conditions favorables à la néoglucogenèse.

Bilsborough S. et Mann N., A review of issues of dietary protein intake in humans, International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, 2006. Cette revue rappelle qu’un apport protéique très élevé peut devenir métaboliquement problématique, ce qui rejoint l’idée du jeûne du lapin.

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